Si pendant les vacances, vous avez certainement eu l’occasion de prendre le train, comme beaucoup, à l’occasion de la rentrée, la SNCF ne compte pas en rester là et tente de façon plutôt massive de se rappeler à votre bon souvenir, avec pas moins de 3 campagnes lancées très récemment sur le web, et ailleurs. Ca sent l’ouverture prochaine à la concurrence.
Voyageur responsable versus société responsable ?
La première sur le thème du « voyageur responsable », en partenariat avec Yves Rocher, comporte un site dédié ici et une invitation sous forme de jeu-casting pour participer à la «Green Expérience». La Green Expérience à la sauce SNCF, on ne sait pas trop ce que c’est, en revanche, on a le droit à des mini-vidéos (censées être) drôles, pour inciter à envoyer sa propre candidature… C’est sûr que cela incite à postuler, sans avoir peur du ridicule ! Mouais…
http://www.dailymotion.com/videoxe65n0Encore une campagne de Greenwashing ? (avec plan média dans Terra Eco: écolo-citoyens, vous êtes ciblés de ce mois-ci consacré au sujet). On ne peut pas dire que le train ne soit pas une solution de transport polluante, par conséquent, ce qui serait vraiment «responsable», ce serait de le rendre « véritablement » accessible à tous, car quand on voit le prix des billets, on se doute qu’une famille de 4 personnes et plus, prennent réellement le train pour leur vacances. Plus marrants que les vidéos, les commentaires des gens à lire (parce que la SNCF nous permet de donner notre avis) qui sont plus terre-à-terre et pertinents sur le sujet.
Paris-Deauville et grand chabadabada
Pour la deuxième opération, la SNCF a mis le paquet, c’est le cas de le dire, grosse production « américaine », pour vanter (on ne sait quoi, en fait) ah si, les trains Inter-Cités et notamment la ligne Paris-Deauville: ici, à l’occasion de Festival du film américain ayant lieu prochainement. J’ai eu l’occasion de tester ce trajet durant l’été, en réalité dans les trains Intercités, on est très loin d’Hollywood, mais le train était à l’heure, et ça déjà… performance à souligner.
Alors que dire sur cette opération, «The Paris Deauville Code» qui permet par l’accès à un FB connect de personnaliser le film (enfin presque, mieux vaut ne pas être une fille) et de gagner (on ne sait comment, en fait) des pass pour le Festival de Deauville. Après lecture du règlement, on se rend compte, que c’est un peu compliqué, et on restera sur l’effet d’annonce. Ce qu’on en pense ? C’est que c’est une opé très bien réalisée, qui a du coûter un bras, pour une durée de vie de 2 semaines. De toute évidence, la SNCF et quelques agences sur le coup, ont du se faire plaisir !
« Bonjour- Au revoir », à l’image de l’idée créative
Enfin, la dernière campagne en cours, certainement la plus étonnante, intitulée « Bonjour, Au revoir ». Postée sur Youtube et relayée sur les media sociaux, pendant 3 min 16, nous assistons à un défilé de grand n’importe quoi, dans une gare. L’idée, un mix d’happening où 5 clients voient «leurs passions» révélées et fêtées en grande pompe. Clowns, concert de métal (TENor15?), piano à queue qui déboule, horde de fans en folie avec pseudo Miss France et danseuse brésilienne, combat de Kung Fu, ils en rêvaient, la SNCF l’a fait ! Non mais sans blague ? Après plus gros le logo, on se demande, si cela ne manquait pas un peu de paillettes et de plumes, ils auraient du rajouter un peu de confettis, vous ne trouvez pas ?
Je sais que nombreux ont plutôt aimé l’initiative, originale pour la SNCF, visant à renforcer un capital sympathie, plus qu’en berne, mais quand même. Cohérente avec la signature, « Plus loin que vous l’imaginez », est-ce qu’on irait pas un peu trop loin, et surtout, est-ce que la SNCF ne se tromperait pas (un peu) de chemin ? S’il y a du boulot en com, c’est bien à la SNCF, en revanche, nous ne sommes pas sûres qu’à dépenser autant dans des pseudos opé « waouh », on règle le problème de fond qui est la relation client et le service aux usagers. Une plainte unanime qu’on peut lire sur les media sociaux au sujet de la SNCF qui fait partie des marques les plus critiquées spontanément, concerne bien (en plus des retards, des grêves à répétition), le manque de flexibilité des services accordés aux usagers, les grilles tarifaires trop élevées, dont on se demande (malgré les multiples emailings qu’on reçoit), qui a déjà payé 25 euros pour un Paris-Nice ???
Globalement, c’est un luxe de voyager, si l’on ne réserve pas un billet 2 mois à l’avance ! Si l’objectif de la SNCF est de redevenir «populaire» aujourd’hui, au lieu de jouer le participatif, limite populiste à tout va, il suffirait de changer de posture et de se mettre simplement à la disposition de ses clients, plutôt que le contraire. Ceci dit, quand même quelques initiatives « services » commencent à être développées, « Imagine SNCF », applis Iphone… censées écouter les utilisateurs et leur rendre service en les informant… des bonnes intentions, à suivre. C’est un bon début, mais il reste du boulot. L’ouverture à la concurrence aura au moins l’avantage de remettre l’utilisateur et sa satisfaction au cœur des préoccupations, il n’était pas trop tôt, attendons de voir, si sur les tarifs, ils ne pourraient pas y a voir un peu d’efforts !
Quelques témoignages de la SNCF vue par ses usagers :
Blog de Xavier Moisant: train train quotidien: ici //// Groupe Facebook: Fuck La SNCF: ici
Si vous n’êtes pas d’accord avec notre point de vue, et cela se discute, les comments sont faits pour cela !
[...] Ceux qui m'aiment prendront le train | Agence Eurêka Eurêka August 29, 2010 // Travels // No Comments [...]
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Je ne parlerai que de la dernière campagne dont tu parles. Il ne faut pas confondre Op de communication intelligente et relation client. L’un n’est pas antynomique par rapport à l’autre et rien ne t’empeche de mener les deux de front. C’est bien ce que la SNCF fait depuis bientôt 3 ans en mixant habilement écoute et dialogue via les médias sociaux et utilisation des médias sociaux pour le relais de campagne de communication créative. Oui au final tout cela reste de l’image mais fonctionne quoi qu’il en soit…
Merci Cédric de ton commentaire, j’ai eu l’impression de jeter un pavé dans la marre en disant ça, compte tenu du fait que la campagne semble être appréciée, qu’importe.
En effet, il ne faut pas confondre, ce que je n’irai pas appeler une « opé de com intelligente » et relation client, et c’est peut-être là, où la SNCF se trompe de chemin.
La pub, au sens large, car cela en est, ne me semble pas être la réponse efficace à tout, surtout sur la problématique de la SNCF, dont un des plus gros reproches qui leur soit fait, reste quand même les tarifs qui n’ont cessé d’augmenter (à défaut du service public rendu). L’idée « créative » si tu la considères ainsi, me semble extrêmement mal exploitée. Si l’idée est de montrer que les gares sont des lieux de vies, il n’y avait pas grand partage (exceptée en tirer une vidéo pour faire du viral). Si l’idée, c’était d’identifier parmi tous ces usagers, une communauté d’utilisateurs/voyageurs et de leur offrir un moment commun, quel témoignage en reste-t-il pour les personnes présentes ? Aujourd’hui, c’était la kermesse Gare de Lyon ? On est très loin de l’évènement de T-Mobile qui était véritablement généreux et conçu pour les gens. Là, il me semble qu’on s’appuie sur le phénomène des fans, sans grand rapport avec la SNCF, en mettant le highlight haut en couleurs et paillettes, sur 5 personnes. Tu seras d’accord avec moi que l’objectif est bien de montrer la SNCF de façon plus sympathique, personnellement, ce spot ne m’a pas convaincue, mais c’est là, toutes les limites de la com’, où personne ne peut faire des miracles, sur des problématiques de fond.
[...] vous pourrez me voir apparaître après l’opération SNCF, dont j’avais parlé ici (dernière vidéo et opé), et que personnellement je n’apprécie pas, car elle consiste à [...]
[...] Et le mot « sensible » résume bien l’ensemble des problématiques actuelles de communication, lorsqu’on s’aventure à vouloir parler de valeurs et de green. Par manque de légitimité ou par pur opportunisme de l’argument «vert», de nombreux annonceurs ont vu leurs campagnes taxées de «greenwashing», Terra Eco y consacrait un dossier ici et les internautes se faisaient un plaisir de le faire remarquer, par exemple là. [...]