Développement durable et RSE: une responsabilité de tous?

ACTU EUREKA EUREKA, ALTERNATIF, La une, TRENDS

Pour ceux que le développement durable, l’éthique, la responsabilité sociale des entreprises et l’entreprenariat social intéressent, je suis sûre que vous prendre le temps de lire ce long article consacré à ces sujets. Pour les autres, n’hésitez pas à piocher directement dans ce qui vous intéresse, parmi les 5 points principaux abordés dans l’article, que cela soit notre actualité en début d’article ou l’innovation produit du Gobi, en conclusion.

1 / Séminaire à Montréal « Chaire de responsabilité sociale entreprise et développement durable »

Il y a un peu plus d’une semaine maintenant, j’ai eu la chance et l’honneur d’être invitée à Montréal pour participer et intervenir, en qualité de chercheur, à un séminaire organisé par la Chaire de responsabilité sociale et de développement durable de l’ESG de l’UQAM.

Pour la 5ème édition de ce séminaire, la thématique s’intéressait précisément, cette année, aux stratégies de divulgation (comprendre communication) et aux nouvelles opportunités et risques que présente le social media, concernant les thématiques sensibles et à forts enjeux sociétaux.

Je ne suis pas une experte du développement durable ni de la RSE, contrairement à certains doctorants que j’ai pu rencontrer rattachés à cette chaire, qui se spécialisent de façon pointue sur ces problématiques transversales.

En revanche, je suis personnellement intéressée et intimement convaincue de la nécessité d’un véritable engagement à long-terme, profond et mené avec responsabilité et conscience, de la part des entreprises et organisations.

Face à l’investissement que requiert une démarche de développement durable, au sein d’une organisation, la question de contre-partie, se résume, encore trop souvent en France, à celle du ROI, avant l’animation de valeurs et la motivation d’inscrire sa société dans l’avenir.

Ma conviction est qu’en tant qu’écosystème et acteur social qui se doit d’être responsable, l’idée (devenue trop souvent obligation) de remplir ce « contrat moral » ne peut se réduire à l’établissement d’un beau rapport annuel des pratiques de développement durable et résolutions pleines de bonne volonté, qui ne serait accessible et intelligible qu’auprès des seuls spécialistes et parties prenantes des normes qu’ils imposent.

Persuadée que le développement durable et la responsabilité sociale des entreprises doivent être une préoccupation et l’affaire de tous, la communication reste le levier de valorisation à privilégier pour mobiliser l’interne, mais aussi les publics externes sur les efforts entrepris et les engagements pris par l’organisation, pour les transformer en avantages concurrentiels.

2 / Un peu de communication « pédagogique »: campagne de sensibilisation

Quand on réalise qu’en France, le tri sélectif est malheureusement bien loin d’être devenu un réflexe et une pratique généralisée, on se rend compte que les campagnes de sensibilisation, souvent moralisatrices ou trop institutionnelles, n’ont pas eu les vertus pédagogiques qu’on aurait pu espérer pour éduquer un peuple, qui culturellement, si l’on compare à l’Allemagne ou même au Canada, ne baigne pas dans l’intérêt et le respect du bien commun, et n’a pas été élevé petit à la conscience écologique et collective.

Au passage, j’en profite pour vous partager une initiative qui avait lieu, lors de ma venue, la « Journée de la Terre » qui était relayée en pub, mais également dans les établissements (hôtels, restaurants…) de façon à mobilier et montrer l »implication individuelle, ainsi quelques exemples d’actions visibles sur place.

Dans le cadre de ma présentation, j’évoquais différents cas d’entreprises qui s’appuient sur le social media pour partager leurs engagements. Je présentais également à nos amis canadiens, le célèbre cas Nestlé de gestion de crise de community management face à Greenpeace ici, qui marque significativement la montée de la figure du consom’acteur citoyen et la puissance des communautés sensibles au propos écologique.

Et le mot « sensible » résume bien l’ensemble des problématiques actuelles de communication, lorsqu’on s’aventure à vouloir parler de valeurs et de « green ».

Par manque de légitimité ou par pur opportunisme de l’argument «vert», de nombreux annonceurs ont vu leurs campagnes taxées de «greenwashing», Terra Eco y consacrait un dossier ici et les internautes se faisaient un plaisir de le faire remarquer, par exemple .

Conscientes ou développées par manque de connaissance pointue sur le sujet et surtout des spécificités de la communauté des écolos, la communication sur les notions de respect de l’environnement, le développement durable ou l’éthique ressemblent encore, sur les expériences récentes que j’ai pu voir ces derniers temps en agence, à une mise en avant encore souvent «tarte à la crème» ou artificielle d’une promesse de bonne intention sur de sujets qui mériteraient d’être traités avec plus de profondeur et d’expertise.

L’ADEME a pourtant sorti un Guide de l’éco-communication ici afin d’accompagner les annonceurs et agences à «mieux» communiquer.

Or, si les gens en agence et planneurs prenaient (ou pouvaient prendre) le temps de lire des livres et de s’informer, cela se saurait et la communication écologique ne ressemblerait pas à l’exercice hasardeux d’une pirouette sur un sol glissant, si tenté que les personnes qui réfléchissent à la conception (publicitaire) des messages, étaient eux-mêmes directement concernés par leur nature.

Ce qui le cas échéant, m’apparaît juste une évidence que d’envisager que des représentants animés par ces valeurs, puissent être intégrés à cette réflexion, si les marques font réellement des efforts dans ce sens, et qu’ils méritent d’être véritablement soulignés et valorisés à leur juste valeur.

3 / Le bien-être du salarié et la protection de l’environnement au coeur des préoccupations des décideurs d’entreprises

Le numéro 300 du magazine l’Entreprise, paru le 5 mai 2011, consacre un dossier à un sondage exclusif réalisé par GENERALI-CSA sur la question « Les décideurs face aux nouveaux défis de la société», posée auprès de dirigeants de PME-PMI.

Bonne nouvelle côté développement durable puisque le constat qu’il en découle est que malgré la crise, la mobilisation reste forte pour le bien-être des salariés et la lutte contre la pollution.

Ayant pour objectif d’apprécier l’implication des chefs d’entreprises face aux enjeux du développement durable, et de mesurer l’impact de ces enjeux sur l’entreprise et les mesures concrètes des décideurs sur le terrain, on peut relever des informations intéressantes sur les positions du chef d’entreprises aujourd’hui face aux enjeux du développement durable, à travers l’étude de quelques chiffres.

-    75% des dirigeants interrogés privilégient l’engagement éthique et social

-    66% estiment avoir pris en compte les enjeux du développement durable

-    74%  pensent que ces nouveaux enjeux vont modifier ou ont déjà modifié le modèle économique de leur société

-    55% emploient une personne dédiée au développement durable

-    60% estiment que la crise à freiné les considérations environnementales et sociétales sur les entreprises

-    81% pensent que ces motivations sont très importantes pour répondre aux attentes de leurs clients

Cette deuxième édition du baromètre GENERALI-CSA confirme la prise de conscience d’une mutation sans précédent du monde de l’entreprise, et du monde tout court. Et confirme les effets salvateurs de la crise économique, dans sa capacité réflexive à inciter résolument aux changements des comportements.

L’étude relève que « L’homme et l’environnement sont au cœur des préoccupations des dirigeants », m’en voilà la première ravie. Dans la pratique des entreprises, la réalité terrain que je constate comporte souvent l’expression de mal-être et de pressions subies, accrues et intensifiées par des réorganisations ayant eu lieu, depuis la crise.

Les interviews réalisées et résumées par François Kermoal, Directeur de la Rédaction de L’Entreprise témoignent que « même si certaines décisions sont différées pour des raisons budgétaires ou réglementaires, cette enquête révèle une réelle motivation des dirigeants pour inscrire leurs entreprises dans une démarche où le bien-être du salarié est privilégié et où la protection de l’environnement a toute sa place».

De quoi se réjouir, si l’on n’en reste pas seulement au stade des intentions.

4 / Des questions de valeurs, du concept de l’éthique à la déclinaison des labels

En début d’année, le Celsa organisait ses premiers «Entretiens du Celsa», cycle de rencontres sur des thématiques liant économie et société, organisé par le Celsa dans le cadre de la Chaire pour l’innovation et la création d’entreprises dans la communication et les médias créée en 2010. Professeure-intervenante au sein de  l’école de communication de la Sorbonne, j’étais invitée à la première édition lundi 10 janvier 2011 sur le thème : « Science, techniques et opinion : des relations sensibles, des conflits de valeurs ? » ici

Rencontre fortement intéressante qui mêlait interventions et partages d’expériences de professionnels et universitaires. Je me rappelle avoir été particulièrement interpellée par un des intervenants professionnels ou du moins, par son titre, Dominique Lamoureux, «directeur éthique et responsabilité d’entreprise» du Groupe Thales, qui en conclusion, disait (ce qui m’apparaît en soi, une évidence ou une absurdité, comme pour lui), qu’il aurait réussi sa mission, le jour où son poste disparaîtra, tellement cela devra être naturellement intégré au monde de l’entreprise et partagé par l’ensemble des parti-prenantes.

Or, en attendant, c’est comme pour le BIO, on a besoin de labels et de mesures et normes, pour revenir à des choses «normales» ou naturelles qu’on a oublié, en chemin, dans la course à d’autres objectifs.

Pour ceux que le sujet intéresse, Politis consacre un numéro spécial au Bio, commerce équitable pour son numéro Hors Série mai-juin 2011.

5 / L’eau: ce bien précieux qu’on peut désormais consommer autrement, en mobilité, avec Gobi

Enfin, pour conclure sur ce sujet qui au vu du nombre de lignes défilées vous montre à quel point, il me tient personnellement à cœur, je souhaiterai partager et encourager une initiative concrète à laquelle je crois et que j’apprécie d’autant plus, qu’elle a attrait à l’entreprenariat social.

Provenant d’une jeune entreprise innovante, hébergée à la Ruche ici pour ceux qui connaissent, j’ai eu le plaisir de rencontrer, il y a quelques mois maintenant, Xavier Moisant (@xmoisant sur Twitter) qui m’avait présenté son projet de création de « Gobi ».

Une innovation visant à proposer une nouvelle façon, plus écologique, de boire de l’eau : l’objectif étant de faciliter la consommation d’eau sans utilisation de contenants jetables (gobelets et bouteilles à usage unique) hors du domicile.

Partant du constat que rien qu’en entreprise, chaque jour, chaque salarié utilisait et jetait un nombre inconsidérable de gobelets, seulement pour l’usage classique et quotidien que vous connaissez de s’approvisionner à la fontaine à eau. En croissance, ce chiffre représente quelques 2 milliards de gobelets jetés chaque année, soit environ 7 kilogrammes de bouteilles par an et par personne dont 20% de petits et moyens formats.

Vous pouvez découvrir toutes les informations sur le Gobi, sur le site très bien réalisé accessible ici et évidemment suivre l’actualité et le développement de Gobi, en rejoignant la communauté sur Facebook.

Principalement à destination des entreprises et organisations, les Gobi peuvent également être directement achetés par les particuliers grâce à la boutique en ligne ici. Vendu moins de 15 euros, j’attends quoi ? Vous attendez quoi ? Promis j’achète un Gobi rosée et me remet à l’eau !

4Avatars v0.3.1 v0.3.1
KlarAgora

Bravo Lucile pour cet article richement documenté, illustré, et qui tombe à point nommé pour qui, comme moi, est sensible aux exemples positifs en matière de DD…

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