Je n’ai pas vu le mois dernier passer, ce n’est pas la première fois, mais à un certain niveau, perdre autant toute notion du temps et le voir filer sous nos pieds de façon aussi impuissante, je trouve cela inquiétant. Il paraît que c’est un des premiers sentiments que nous avons quand nous vieillissons, celui de ne plus voir les années passer et de se dire que tout passe trop vite.
Toutes ces personnes qu’on aimerait voir et qu’on réalise, que cela fait six mois, un an, qu’on se le dit… et qu’on ne s’est toujours pas vus… Etre débordé(e), cela peut paraître tendance, une vie bien remplie, d’activités, de sorties, de boulot, de métro, de chasse à l’ennui, d’esquives à l’angoisse… Entre surbooking excessif (dans lequel j’excelle particulièrement) et besoin de coupure, essentielle, existentielle, j’alterne, je jongle, entre impératifs et aspirations, devenez qui prend le dessus…
Et pourtant, on peut très vite atteindre ses propres limites et oublier un temps, que derrière nos exploits de superman et women… le rappel à l’ordre guette et quand on le prend en pleine figure, c’est qu’il est déjà trop tard, à force d’avoir tiré sur la corde. La nature reprend le dessus et te rappelle que tu n’es qu’un « Homme », quand le corps dit stop!
Des rythmes effrénés, aux gens qui tombent, j’en connais, j’en vois… de la notion du temps qui depuis longtemps m’interroge, j’y pense fortement et cette pensée s’accélère ces derniers temps, à presque un mois de mes 30 ans…
Entre boulimie d’expériences et simple suractivité cultivée par nos vies contemporaines, on essaie de s’en sortir en grattant du temps, sur les repas qu’on prend sur le pouce, le sommeil qu’à force de repousser devient difficile à trouver, on se dope au coca, au café, aux vitamines, à l’adrénaline et au reste, à tout ce qui permet de tenir le rythme et maintenir la route, jusque quand ? (avant d’en arriver ici:You’re not alone…)
Voilà une course contre la montre, dans laquelle nous nous sentons tous entraînés, que nous avons choisi de mener, à la recherche d’un temps perdu, alors quand bien même, de toute évidence, c’est une cause perdue d’avance.
Twitter avec le temps réel n’y ait pas pour rien dans cette accélération des rythmes dictés par la technologie, valorisés par l’époque, celle où l’on ne prend plus le temps de réfléchir, de prendre du recul, de s’engager, d’aimer… on fonce, tête baissée, le plus certainement possible tout droit dans le mur, tels des robots.
Alors que la pause s’impose, avant qu’il ne soit trop tard, si le temps est devenu un luxe, offrons-le nous, pour nous, pour les autres, quoi de plus sain que de prendre le temps de vivre.
Apprenons à alterner les rythmes, entre speed et temps longs, de sorte de garder la tête au dessus de l’eau et de faire des coupures de temps en temps. Avant l’overdose !
Expérience faite quelques années auparavant, de couper net et couper court, choisir de ne plus rien faire, le temps de prendre le temps et de réfléchir à comment vivre autrement.
Le slow time, un vœu pieux, la slow life: une aspiration tant partagée, une réalité face à une nécessité ; que l’énergie a besoin de se régénérer pour ne pas cramer nos moteurs.
Gérer une thèse, en plus d’une vie d’entrepreneur n’y contribue pas, et pourtant, aussi débordée que me demande cette « organisation », cela m’aide à ne pas me noyer dans les flux, à ne pas perdre de vue, le fil, et à multiplier les lignes, que je vise pour durer.
L’humain n’étant pas une pile alcaline ou un petit lapin, qui peut durer toujours plus longtemps, voici quelques invitations pour recharger les batteries à prendre le temps de lire, avant de finir à plat.
Courrier International: Spécial Tendances 2011 et Vivre Léger ici
Eloge de la lenteur de Carl Honoré
Esprit du temps, ce livre d’Edgar Morin qui date de 1962 a été choisi pour son titre, puisqu’il ne parle pas à proprement dit du temps, mais de la culture, un vrai « mainstream » avant l’heure, en revanche, un livre de sociologue qui aborde ce sujet avec pertinence que je vous recommande chaleureusement, même s’il n’est pas du plus grand optimiste, c’est Lipovtsky avec l’Ere du Vide.
On parlait déjà pour 2011 de cette tendance de l’Homme pressé, à retrouver ici
[...] Slow Life (p 85) qui au vue des réactions et aspirations à…, nous a insufflé un autre post « Take your time… [...]
Effectivement pas toujours simple, de marquer le pas, s’arrêter, se ressourcer.
Internet contribue à cette hyperactivité quotidienne, plus rien n’est figé, tout bouge.
Une fois conecté, l’internaute éprouve le besoin de suivre différents flux, dénicher de l’info.
L’expérience : Do Not Thing for 2 min (http://www.donothingfor2minutes.com), nous montre que lorsque l’on est devant l’écran on est incapable de prendre le temps pour prendre du recule…
Pas simple de trouver une solution, mais très intéressant !
Et toi, cela fait longtemps qu’on ne s’est pas vus ; ). Merci pour le lien, j’ai essayé, j’ai #fail
; ). Compliqué de dompter le temps, d’essayer de s’extraire du rythme imposé par le quotidien, mais nécessaire, à méditer…
[...] de nouveaux horizons. De la distance pour prendre un peu de hauteur, et le temps! On en réclamait ici, voeux exaucé, bronzage en [...]