Nouvelle esthétique sociale

ALTERNATIF, La une, MEDIA SOCIAUX, TRENDS, vidéo

Quand on baigne dans le web, qu’on étudie les tendances et qu’on piste les dernières innovations, on constate réellement (non sans un certain agacement, parfois) qu’on vit dans un monde à deux vitesses. Celui du temps réel sur Internet, où tout va très vite (souvent trop vite), dans lequel on peut facilement se perdre et perdre pied, si l’on n’est pas capable de prendre le recul nécessaire, de s’obliger à de perpétuels va-et-vient et surtout de s’offrir de véritables coupures (article ici). Et puis celui dans lequel, on habite physiquement, qui nécessite aujourd’hui, plus que jamais un véritable effort de réenchantement, si l’on ne veut pas le voir complètement déserté, notamment par les jeunes générations, qui n’y trouvent plus beaucoup d’espaces d’inspirations et de libertés d’expression de son soi. Avec la télé, nous étions spectateurs de choses qui nous dépassaient, perméables de façon distanciée ou contrôlée, face à toute émotion, grâce au phénomène, « c’est arrivé loin de chez vous« . Avec le social media, les informations deviennent plus proches et viennent à nous, l’actu du jour dépend beaucoup de celle votre réseau, informé par votre TL (Timeline), chacun compose, recompose et organise, au gré de ce qui l’intéresse et touche, ses flux, priorités et hiérarchies d’infos. On agrège, on compile, on design l’info, à l’image du premier social media magazine Flipboard, le social media plaît pour cette possibilité d’actions et de personnalisation « on demand », possible pour chaque individu. Face à l’information, nous en devenons potentiellement tous, acteurs, créateurs, diffuseurs, producteurs, si on le choisit, et nous avons désormais ce choix-là.

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Les gens n’ont jamais été aussi informés, faut dire que la recherche d’informations est le sport national sur Internet. L’étude sociologie sur le « mal info » (ou la male info) démontre que derrière une certaine addiction à l’information, se cache profondément une angoisse quasi-existentielle, manifestée par une forte aversion aux risques, dans une société où celui-ci est plus que jamais, perpétuel, constant et multiplie les formes. Or, le revers de la médaille réside dans le risque de devenir ainsi, de tels hyper-consommateurs actifs d’infos et de liens, qu’on pourrait presque en devenir des spectateurs passifs de nos vies. Peut-être, cette crainte guette davantage les jeunes et toute personne à la recherche d’une évasion, d’une Second Life, plus rose, à la mesure de ce qu’on aimerait ou aimerait être, derrière nos pseudos et nos belles photos tout sourire sur Facebook. Or, à force de placer, entre chaque chose, la distance d’un écran qui nous sépare et nous protège de ce trop plein d’émotions refoulées, ingérables et d’aléas imprévisibles, que comporte le jeu des relations sociales, de la vie en société, on en oublierait presque un apprentissage, celle de la vie, la vraie ! (et des courses chez Auchan).

Aussi, dans la dualité d’un monde à deux vitesses, où rien n’est jamais tout blanc ou tout noir, entre la dialectique perpétuel du questionnement entre « le je et le nous », au milieu du ping-pong entre réel et virtuel, à force d’observer X et Y, nous découvrons un peu plus chaque jour, se dessiner de nouvelles esthétiques sociales. Nous proposons avec cet article, un peu à notre habitude, notre mix d’influences, notre mash-up de vidéos, à l’image de ces nouvelles esthétiques sociales, en mosaïques.

Un groupe qu’on aimait déjà partager, rien que le nom « broken social scene » nous plaisait bien. Plus que la musique (notre préférée « the sweetest kill ») sur cette vidéo, nous aimons le clip/montage conçu par un UGC, simple fan du groupe, resté anonyme, (c’est tout à son honneur), comme quoi, tout internaute n’est pas nécessairement à la recherche de ses 15 secondes de gloire. Réalisé en réponse au sommet du G20 de Toronto, les images parlent d’elles-mêmes. Engagées comme on aime.

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Autant, on aime l’engagement de Yann Arthus Bertrand et ses fabuleux clichés. Autant, le clip promo de la ville de Paris partage, passée la première sensation qui titille notre fierté en touchant nos réflexes chauvins et en donnant matière à chaque parisien (d’adoption ou de pure souche) de s’enorgueillir un peu plus, de la chance d’habiter une ville aussi belle et magique que Paris.

Et à la fois, de par le montage, la réal et la bande son, on a du mal à s’y retrouver, dans l‘esthétisme d’un romantisme cultivé, un peu figé, loin de toute âme qui fait le charme de Paris. Alors, on croirait davantage avoir pris les commandes d’une carte postale interactive et d’un voyage à travers le temps, qu’avoir pris de la hauteur sur la ville lumière.

Derrière le prestige de l’histoire et d’une beauté indiscutable sous tout angle, nous pouvons avoir l’impression de nous prêter à l’expérience d’une visite d’une ville musée, à l’image du capital de notre beau pays. Aujourd’hui, le rayonnement de la France sur la scène internationale, semble être un mythe nombriliste dont nous restons les derniers pêcheurs auto-proclamés et auto-convaincus. La saga de l’été, amorcée par la grève outrageuse des joueurs de l’Equipe de France, plus que leur débâcle sportive, se poursuit un peu plus, chaque jour, intrinsèquement et dans dans l’image que notre pays véhicule, face à cette difficulté de se remettre en question et d’avancer. Les dernières aventures rocambolesques du site France.fr lancé en grande pompe, le 14 juillet aura eu raison des derniers résistants idéalistes en alimentant les esprits satyriques, qui eux ne savent plus où donner de la tête, face à autant de matière inspirante. « Outil de promotion international et centre d’information pour les citoyens”, le site dont les serveurs sont down, suite à 25.000 connexions comptabilisés le premier jour, n’est plus visible, et ce jusqu’à fin août.

Pour le service public, faudra revenir plus tard, grandes vacances obligent. En attendant, vous pouvez toujours devenir fan de France.fr sur Facebook (encore combien de temps), page qui malgré son mur, non ouvert, reçoit des contributions, pour les moins actives. L’image de la France, à l’ère du numérique ! Tout un programme de dépenses et de fails, pourtant ce n’est pas faute de moyens (1,6 million d’euros, tout de même), alors et si nous vivions en 2010 ? Peut-être que la confrontation frontale de ces deux vidéos et l’actualité contrastent suffisamment pour nous rendre un peu acerbes, je vous l’accorde, et limiter notre émerveillement (vous le savez bien, à force, les parisiens deviennent blasés de tout), mais derrière la belle carte postale démo très corporate de la ville de Paris, c’est un discours passéiste qu’une fois de plus, on nous sert pour faire du « cocoricorisme ». Peut-être est-ce la faute au romantisme dont nous sommes culturellement imprégnés, à en juger une étude récente venant de paraître, qui nous contraint inconsciemment à cultiver et entretenir une certaine nostalgie des années glorieuses

Regarde-t-on dans le rétroviseur, par peur de ne pas affronter la page blanche, il y aurait pourtant tant de choses à faire, qu’il serait urgent de prendre le train, en route et de se faire confiance, pour continuer d’écrire quelques pages au roman.

Si certains semblent en panne et bloqués à vouloir maintenir et entretenir une vision du monde dépassée, d’autres plus jeunes, moins frileux n’hésitent pas à créer, à innover, à combiner les cultures et mixer les influences, pour réinventer les choses, et faire entendre des voix alternatives. C’est ce que nous aimons, alors voici une vidéo qui nous permet de clôturer sur une note positive en vous présentant un nouveau projet, « Usbek & Rica » aventure intellectuelle, indépendante et collective, au carrefour du magazine, du livre et de la bande dessinée, qui analyse le présent et explore le futur, tout ça pour interroger la notion de progrès, avec enthousiasme et optimisme. Forcément, on ne pouvait qu’aimer et on leur souhaite plein de succès.

Usbek & Rica N°1. Le nouveau magazine culturel. from Usbek & Rica on Vimeo.

bravo pour cet article ambitieux

allez, peut-être juste pour chipoter un peu, des titres en gras pour en faire apparaître la structure eurent été les bienvenus ?

Mais ça me donne en tout cas l’envie de te suivre sur ce sujet bien attractif et bien formulé.

Fred, merci pour ton commentaire, je suis contente que tu découvres Eurêka Eurêka pendant tes lectures nocturnes.
Tu as raison Fred, je vais devoir apprendre à structurer mes articles. J’aime pas trop, les a) et grand 2/, mais ça rythme et facilite la lecture. J’aime plutôt raconter une histoire et me laisser porter par mon inspiration du moment, mais je pense que cela gagnerait en lisibilité, et en décourager moins. Merci de ton avis, et de l’intérêt de me suivre. A très bientôt !

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Sucré !