« Regardez-moi, je suis le media ? Quoi ?!! » C’est un peu ce qu’illustre cette fille sur la couverture de ce bouquin « The medium is the message ». Très vintage et année 60, décidément ces premières inspirations bloguesques, pour parler de tendances. Après BB: ici qui aurait pu se retourner dans sa tombe à la vue du clip de Loana (mais non, on sait qu’elle n’est pas morte et qu’on peut toujours la voir bronzer sur la plage de la Madrague), un bouquin et surtout un message qui date de 1967 et quel message !
Attention « THE MEDIUM IS THE MESSAGE »… qui voudrait dire en bon français « le medium est le message » et pour ceux qui pensent qu’on va parler voyance, qu’ils se rassurent, c’est de « media »en tant que canal qu’il s’agit.
Si le « media est le message » comme l’expose la théorie de Mc Luhan, cela signifie que le media ne se contente pas de sa fonction de diffusion, mais incarne lui-même ce fameux message. Pour ceux qui n’ont pas tout compris et qui commencent à avoir mal à la tête, c’est juste une histoire de contenu et de contenant, qu’ils comprendront tout de suite mieux, avec une belle histoire de storytelling.
Prenons l’exemple de cette jeune femme qui fait la couv’ qu’on va appeler « LOVE » (en référence au message de sa jolie robe) et transposons-la dans les années 2010, où elle devrait trouver toute sa place.
LOVE a naturellement un profil sur Facebook (comme nous tous ou presque) aime le Rock n’ Roll, (comme nous tous ou presque) poste des statuts et twitte (comme nous tous ou presque, selon le « nous »).
Quand LOVE affichait en 1967 par, sa surface vestimentaire, un message qu’elle souhaitait porter et diffuser, en l’occurrence « LOVE », elle se considérait déjà comme un media. En 2010, il y a une communauté de personnes qui portent des tee-shirts « Fuck La Crise ». Le rapport dans tout cela, (excepté placer Fuck La Crise et faire un peu d’auto-promotion ; )) vise à démontrer que dans notre société d’image et d’apparence, la surface visible « qui nous représente » (la plus exposée dans nos rapports aux autres), reste l’apparence physique. Que nous la maîtrisons (ou pas), le « costume » dans laquelle nous l’enveloppons, ainsi que l’ensemble de notre communication non verbale (80% de notre com’) véhiculent bon nombre de signes, conscients ou inconscients, d’informations et de messages sur note identité.
Si LOVE avait à son époque comme media, qu’elle et sa robe, et pouvait diffuser son message qu’auprès de son entourage (proche: famille/amis), aujourd’hui cette époque est révolue. En vivant dans un monde interconnecté et global, renforcé par Internet et les media sociaux, l’audience potentielle de Love n’a plus de limite. Au sein du réseau des réseaux, elle peut désormais diffuser son message, auprès du plus grand nombre et surtout rencontrer et partager avec des personnes sensibles aux mêmes valeurs (ces fameuses communautés).
Alors, si « LOVE » se considérait déjà comme un media, en 1967, aujourd’hui, avec les média sociaux et l’opportunité offerte à tous de devenir un UGC (User Generated Content: soit un producteur de contenu) en puissance, elle est LE MEDIA (comme nous tous, potentiellement). Peu de gens ont réellement conscience de l’évolution/révolution que représentent les media sociaux au sein de notre société, et tout ce que cela implique, à titre individuel comme collectif. Lorsque l’auteur énonce (page 21) que « toutes les technologies créent petit à petit un milieu humain totalement nouveau. Les milieux ne sont pas des contenants passifs, mais des processus actifs », il fait référence à la dimension culturelle et sociale, au sein de laquelle les hommes évoluent dans les media sociaux.
La citation d’Edward T. Hall [dans The Silent Language] « les hommes ne sont jamais conscients des règles fondamentales des systèmes et des cultures qui constituent le milieu où ils vivent » illustre bien cette abstraction inconsciente de la nouvelle culture qui émerge de ces nouveaux média. En tant que « prolongements et accélérateurs de la vie sensorielle, les médias, quels qu’ils soient, affectent sur-le-champ la totalité du champ sensoriel ». Si l’idée que « I’am the media » et (j’en suis quelque part un, en écrivant cet article et le diffusant sur ce blog) n’est pas complètement nouvelle, mais particulièrement d’actualité, avec le reportage éponyme de Benjamin Rassat, diffusé sur Arte, que je n’ai pas encore pu voir. A n’en pas douter, la première réaction et tendance de fond, que nous observons, consciente ou inconsciente est le développement du Personal Branding. En effet, « voir, percevoir ou utiliser un prolongement de soi-même sous une forme technologique, c’est nécessairement s’y soumettre ».
Quelques liens, pour aller plus loin:
Le Medium est le message: ici et ici
I am the media: ici
[...] ceux qui voudraient creuser plus loin, dans cette voie, je vous invite à lire le post consacré à « I’m the media » et à découvrir le blog de ma thèse: [...]
[...] dans le film documentaire « I’m the media » (dont nous parlons: ici) confirme cette sensation pressante à la fois de recherche d’expériences collectives et de [...]
[...] déjà consacré au début de ce blog, une note intitulée I’m the media, sur l’idée que nous sommes (tous) des médias, amplifiée par la possibilité offerte à [...]