Si vous souhaitez tout comprendre de l’histoire, conseil reprenez le truc depuis le début (ici puis là)
CONNAÎTRE LES GENS POURQUOI FAIRE ?
Parmi ceux qu’on regroupe sous le terme de « bloggueurs dits « influents », il y a des bloggueurs qui ont une certaine audience, ceux qui disposent d’une «vraie» communauté de fidèles (ou d’infidèles), ceux qui ont une certaine popularité ou visibilité (parce qu’ils le veulent bien ou qu’on l’a bien voulu pour eux), quelques uns qui ont aussi une véritable influence (sur des sujets très précis, sur lesquels, ils sont surtout et avant tout, des experts et passionnés, avant d’être des bloggueurs). Mais peu au final, qui ont réellement une influence certaine, surtout si on dépasse le cadre de la blogosphère parisiano-parisienne. Ces derniers, s’ils exercent, l’avaient déjà, avec ou sans blog, par leur personnalité et réseau.
Alors, savoir qui toucher et comment? Avec quel message, pour avoir une vraie efficacité? Cela devient un casse-tête et un véritable métier qui demande une bonne connaissance des personnes et des comportements, et du temps pour cela, et tant mieux, car c’est un peu le nôtre, que d’identifier quels sont les leaders d’opinion crédibles et de confiance, sur un sujet, plutôt que les bons clients pour de la rédac web. Et c’est là, que la plupart des agences pressées se plantent royalement et vendent plus du référencement, plutôt que de la véritable influence et pensent que les bloggueurs sont ravis d’être envahis par leurs CP qui puent. Depuis qu’on a ouvert ce blog, nous sommes nous mêmes assaillis, alors un peu d’empathie, merde !
SOCIAL MEDIA => THINK DIFFERENT
Pas facile de s’y retrouver au milieu de tous ces influenceurs potentiels, qui ne sont pas forcément des bloggueurs, vous l’aurez compris, mais un profil de personnes, qui par leurs comportements, attitudes et personnalités exercent naturellement une influence sociale autour d’eux. Et évidemment, plus le «social» autour d’eux est important (entendre réseau et caisse de résonance), plus le pouvoir d’influence peut s’avérer intéressant, mais être vu ne signifie pas forcément être suivi, la visibilité et la popularité ne font pas forcément l’influence, en revanche la réputation aide à apporter du crédit aux dires. Alors, si c’est pour reporter le même contenu qu’un peu tout le monde et point de vue qu’ailleurs, autant vous dire que pEu intérêt…. en termes d’influences, autant acheter des bannières.
Donc, se contenter de viser des « titulaires » de blogs et de préférence toujours les mêmes, c’est juste oublier:
1/ qu’aujourd’hui, avec le Social Media, on est tous des média en puissance, auprès de nos propres réseaux,
2/ et que si on choisit d’ouvrir les possibilités, en allant sur Twitter par exemple, (« allons sur Twitter, c’est bien, il y a les influenceurs ») et en se référant au nombre de followers ! (« Il a twitté mon message à ses 12 347 followers, mon ROI est bon, là? »), c’est encore vouloir rationnaliser avec des chiffres sur du quali, et au final, cela n’a pas beaucoup de sens. « Et toi, t’as fait plus combien, cette semaine en e-réput ? » On a Empire Avenue, mais l’indice « e-réputation » n’est pas encore côté au CAC40 ou Nasdaq, au diable vos chiffres qui n’ont pas de sens?
3/ que les objectifs recherchés par l’influence sociale vont être des objectifs de prescription sociale, d’engagement auprès d’une marque, d’adhésion à ses valeurs, d’image et de gestion (en préventif déjà et surtout) de sa réputation. Pour espérer gagner sur le social media, faut partir avec un certain nombre d’atouts au compteur, ou travailler pour devenir sacrément relationnel quand on revient de loin! Est-ce que vous vous demandez combien vous rapporte un ami ? Non, en revanche, vous êtes contents d’en avoir, quand vous en avez besoin. C’est presque aussi simple à comprendre que cela, le relationnel, le social, l’humain, ça se mesure difficilement avec des scoring très pertinents.
4/ en revanche, avoir des amis, c’est une forme de pouvoir, surtout dans notre société en réseaux. Comprendre comment fonctionne la communication et l’influence, au sein des réseaux sociaux, (et je ne parle pas de Facebook, Twitter ou Copains d’Avant, qui sont des « structures physiques virtuelles », mais bien de quelque chose que nous avons tous et que nous développons IRL aussi et surtout), un réseau social est l’ensemble des relations et intéractions qu’entretiennent les gens entre eux. Des choses immatérielles qui se construisent et se nourrissent avec le temps, les échanges, les expériences partagées et qui sous-tendent dans leurs intéractions l’exercice d’influences sociales.
Donc évidemment, à titre personnel, je me fierai davantage à la confession de ma super copine, sur le nouveau shampoing qu’elle vient d’essayer qui sent tellement bon et qui lui rend les cheveux super brillants, qu’à un VIP professionnel multicartes, car paraît-il influent. (crédibilité/confiance… CQFD). Dans tous les cas, dans les 2 exemples cités, aucune des personnes n’est ce qu’on pourrait appeler à proprement dit, un influenceur, mais il s’agit plus d’un « colporteur de conversations » au sens média du terme, dont l’influence potentielle dépendra de sa capacité de persuasion sur le sujet, en fonction de l’intérêt et de la crédibilité que je lui accorde (adéquation compétence/sujet/confiance=crédiblité).
C’est pas fini, on parle d’influences et de tendances, en posant la question « Tendances, influenceurs qui influence quoi ?: ici« .
[...] Le bloggueur n’est pas l’ultime influenceur [...]
[...] Le bloggueur n’est pas l’ultime influenceur [...]
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Lucile, sur Facebook tu disais : « On ne fonde pas une stratégie d’influences sur le social media, sur des RP bloggueurs !
Enfin, si tout le monde le fait, mais quelle réelle efficacité… cela reste des « opés » pas une strat’ »
je vais beaucoup aimer que tu développes la différence entre une « opé » et une « strat ». Attention à l’enlisement.
Les relations blogs s’utilisent dans une stratégie de relations publiques au même titre que des relations presse/journalistes. Les mécaniques ne sont pas forcément les mêmes, c’est d’ailleurs plutot conseillé de se pencher sur la méthode, mais les métrics et l’analyse de la performance ne sont pas très éloignés.
Merci @Naro pour ton comment et la reprise de notre début d’échange sur FB, via le blog.
A ta première remarque, concernant ce post et son titre, qui était « c’est pas l’ultime, mais c’est pas le dernier non plus », j’ai en effet, répondu « qu’on ne fonde pas 1 stratégie d’influences sur le social media, sur des RP bloggueurs… Enfin, si tout le monde le fait, mais quelle réelle efficacité… cela reste des « opés » pas une strat’ » L’ensemble du billet que j’ai développé se fonde sur la prescription sociale, ce que recherche les marques en s’intéressant aux influenceurs en ligne, plutôt qu’à des RP classiques.
Je ne m’enliserai pas à rappeler une déf’ d’une opé versus stratégie, je crois qu’on apprend cela dès le début des études supérieures et que tu dois bien le savoir. Ce que je constate en revanche, dans la grande majorité des agences pour lesquelles je travaille et intervient, et de par mes observations des « actions RP bloggueurs », c’est qu’on fonctionne trop souvent en mode Opé. Tout simplement, parce que le principe est de trouver un prétexte à communiquer auprès d’une cible qui relaie l’info et qu’on sollicite ces « influenceurs » dans ce cadre, de la même manière, qu’on envoie un CP à la presse quand on a qqch à dire. (et encore!)
Ma vision du social media, dépasse cette dimension, car j’ai une culture stratégie de marques et vient de la pub, et pense que les bloggueurs sont une communauté, comme il en existe d’autres sur Internet. Internet est le lieu de la désintermédiation, aussi, pourquoi se contenter de communiquer auprès d’influenceurs relais, alors qu’on peut toucher directement le conso final. Les bloggueurs sont des cibles/intermédiaires pour toucher d’autres personnes, aussi on ne peut se contenter de limiter la strat » de diffusion d’un message auprès de ces cibles pour toucher nos différents publics, pour cette raison, et sans même rentrer dans tous les détails qui font débat sur l’authenticité de la parole d’évangile du bloggueur. Que dans les bloggueurs, ils puissent y a voir de véritables ambassadeurs de marques, je te l’accorde, mais un bloggueur va pouvoir difficilement (et n’en aura souvent aucun intérêt) changer de casquette pour parler un jour de mobile, le lendemain de mode, et le surlendemain d’un nouveau produit alimentaire. Ce n’est ni sa vocation, ni son intérêt, il me semble. N’oublions pas pourquoi les gens blogguent et j’invite juste les marques à arrêter de vouloir se servir des bloggueurs, car si la tentation est grande pour certains, cela les dessert au final. De mon côté, quand je vois 500 millions de personnes sur FB et une poignée de bloggueurs influents qui reste, entre nous et nous le savons, un microcosme, cibler que l’un… me semble manquer de vision. Après, ce ne sont les mêmes objectifs, vu que ce ne sont pas les mêmes publics.
Ton commentaire vient d’être taggé dans mes notes comme « Blog Material ».
La beauté de ce dbat, c’est je crois que nous sommes fondamentalement d’accord.
1. oui je connais la différence entre une opé et une stratégie. Je ne crois pas qu’il soit utile de s’enliser dans une définition stérile. Le quotidien des agences et des annonceurs est bien trop souvent concentré sur l’opé en cours, une fois que la décision de la mener est prise. Côté annonceur l’objectif est souvent de pouvoir montrer des résultats « court termistes » pour le prochain trimestre.
2. Les actions RP blogueurs sont justement destinées au « mcirocosme » visible, avec l’absurde objectif : j’envoie l’info aux 100 meilleurs, si j’ai un retour de 5%, je rajoute dans mes résultats.
3. OUI OUI et OUI, les actions de communications sur les médias de conversations sont différentes des relations presse/journaliste. Il est possible d’utiliser une stratégie qui mette la marque en première ligne, sans intermédiaire. Le web est un média de convergence, c’est également la cause de l’obligation de remise en question de leur communication au sens global. Cela contraint les marques à devenir un Media, un Editeur de contenu, plutot qu’une machine à CP ou à « Communiqué Blogueur ».
3. Je regrette l’appellation microcosme. 90% des communicants et marketeux sont parisiens parce que les sièges français sont à 90% parisiens. Et si les meilleurs s’entendent bien entre eux, c’est qu’ils utilisent leur blog pour ce que c’est, un média de discussion, de networking, de rencontres et de partage, non le relais de CP mal ficelés.
Considère que toute précision que je n’ai pas apportée vaut mon entier et totale soutien, tant sur le fond que sur l’effort(me).
amicalement,
Genaro
remplacer 3. par 4.
et pardon pour les fautes, je devrais me re-lire, même dans les commentaires.
Je suis plus en phase avec ton dernier comment, faute ou pas, j’en fais plein également ; )
Remarque néanmoins sur point 4
que 90% des communicants et marketeux soient situés à Paris (pas sûre qd même), mais quelque soit le chiffre, ils ne sont pas pour autant forcément des influenceurs, ni des utilisateurs des média sociaux, ni des gens essentiels à toucher pour de l’influence, selon les sujets. En revanche oui, je persiste, la blogo reste un microcosme et un profil particulier, dans ses comportements et personnalités. Mes amis qui ne se travaillent ni dans le market, ni dans la com’, ne lisent pas forcément de blogs, et n’utilisent pas Twitter. En revanche, ils/elles sont sur Facebook et ils/elles sont des consommateurs !
Et c’est là, qu’ils sont intéressants à être touchés par de l’influence, quand ils sont en affinité avec une marque.
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Merci de nous faire profiter de vos échanges. C’est très intéressant, surtout quand le mémoire sur lequel on s’affère a pour thème ‘le concept d’influence dans la blogosphère ».
Lucile…vous permettez que je vous appelle Lucile ?…à vous lire vous ne me semblez pas être une adepte du « chiffre » pour dresser le bilan d’une opération. Je comprends les limites et je partage votre point de vue. Je me demandais simplement comment faite vous pour vous adresser à vos clients. Tout est dans la pédagogie ? dans le verbatim, pour démontrer le côté qualitatif des échanges sur la marque ?
Comment vendre des opérations basées sur les médias sociaux sans que le nombre de fan ou de follower soit le critère clé de sa réussite ?
Cette question m’anime réellement car je suis convaincu que le Brand content et tous les mécanismes qui permettent de faire passer la marque dans la sphère émotionnelle sont bien plus efficace mais faut-il encore que le client nous paye pour cela.
Anyway. Merci.
Pas facile de se relire dans le petit cadre alors qu’une fois le commentaire posté, nos fautes ou omissions nous sautent aux yeux.
Merci pour ton commentaire et félicitations pour le choix ambitieux de ton mémoire.
Quand on vend du conseil, on n’est pas là, pour produire ce que veut le client, mais pour le conseiller, dans son intérêt.
Le social media, cela ne doit pas être fait dans une logique de gagner +, mais c’est du relationnel pour faire mieux !
Tu peux regarder tout ce qui est de l’ordre des logiques de RONI, tu verras de quoi je parle.
Le Social Media correspond à une tendance lourde de transferts des consommations média et habitudes conso, donc tu peux continuer à faire des spots télé, sur des cibles qui ne sont pas réceptives et de moins en moins présentes sur du média trad, quel sera le ROI ?
Enfin, si le SM change bcp de choses, et que les marketeurs sont paumés face à ces nouvelles approches, c’est peut-être parce qu’on doit être aménés à penser autrement.
1/3 du budget PEPSI investis sur le social media, je ne pense pas que cela soit inconsidéré comme prise de décision.
Je ne peux que m’inscrire en faux sur ce dernier point. Un objectif de Networking sans objectif quanti, ça existe et c’est très respectable, notamment pour des marques peu visibles.
Mais quand Pepsi alloue 1/3 de son budget sur les médias socaiaux, tu peux être sûre qu’ils mesurent la performance, qu’ils la comparent à d’autres canaux avant d’operer cette transition.
Les metrics existent, il n’y a pas que les fans mais ils en font partie.
@Naro, si je prends l’exemple de Pepsi, c’est justement parce que c un mastodonte, à la culture des P&G et Henkel, qui marchent aux chiffres. Evidemment qu’il y a en a, ils ne mettraient pas autant de pognon sur la table, sans penser qu’il y a ROI, mais c un investissement à MT.
Merci pour votre réponse.
Je ne connaissais pas le RONI. C’est brillant.
http://internetetopinion.wordpress.com/2010/08/12/du-roi-return-on-investment-au-roni-risk-of-non-investment/
Il faudra que je m’attarde un de ces 4 sur ces outils de mesures.
[...] n’est pas toujours synonyme d’influence, comme le rappelle fort justement Lucile Mera dans cet article. L’influence est un sujet très complexe qu’il est quasiment impossible de mesurer dans les [...]